Analyse des listes de candidats à l’élection régionale en Ile-de-France

La clôture de dépôt des listes de candidats pour l’élection régionale a eu lieu lundi 9 novembre 2015 et il est à présent possible de consulter la composition des treize listes1. En tant qu’électeur, nous allons pouvoir concéder le peu de pouvoir politique que nous avons à d’autres individus comme le veut la tradition « représentative » de notre bonne République. Il est donc essentiel d’effectuer un petit travail de recherche sur les candidats en question.

Cela étant, je n’effectuerai pas ce travail sur l’ensemble des treize listes car certaines sont éliminées de facto, soit parce que le nombre d’affaires politico-juridiques est trop important à mes yeux (FN, LR-UDI) ou soit parce qu’ils appartiennent à l’oligarchie française (LR-UDI, PS), cette élite politico-financière qui est complétement déconnectée de la réalité des franciliens. J’exclus aussi les communautaristes (Union des Démocrates Musulmans Français) et je n’ai pas envie de m’intéresser à l’extrême-gauche (LO).

Par ailleurs, je m’intéresserai uniquement aux candidats qui sont en position éligible, car cela ne sert à rien d’avoir une « bonne » personne si elle est à la fin de la liste et qu’elle n’a aucune chance d’être élue.

Enfin, cette analyse sera principalement effectuée sous l’angle des valeurs démocratiques. Je n’aborderai pas ou peu les valeurs idéologiques ou les programmes (sauf pour certaines listes inconnues).

Il existe deux types de listes. D’un côté, ceux qui proposent un programme avec des idées et des propositions concrètes sur l’économie, les transports, les prestations sociales etc. en rapport avec le territoire concerné. De l’autre, à la place des traditionnels programmes, une méthode de gouvernance est proposée, souvent dans l’objectif de remettre les citoyens au cœur du système politique en leur demandant le plus souvent de prendre des décisions par eux-mêmes.

Debout la France (DLF)

La liste Debout la France a placé à sa tête Nicolas Dupont-Aignan. Cela commence déjà très mal car celui-ci cumule déjà trois mandats dont un interne : député à l’Assemblée Nationale, maire de la ville d’Yerres et président du parti DLF. Va-t-il vraiment avoir le temps de se consacrer pleinement au mandat de conseiller régional d’Ile-de-France ?

Par ailleurs, c’est aussi un cumulard dans le temps vu qu’il est député de la huitième circonscription de l’Essonne depuis maintenant quatre mandats ! Or en démocratie, l’un des principes fondateurs, pour ne pas se couper du peuple, et d’avoir une forte rotation des charges. En étant député depuis presque 20 ans, Nicolas Dupont-Aignan montre qu’il est attaché au pouvoir. De plus, il oublie les valeurs auxquelles il se dit « attaché ». En effet, lors de l’élection présidentielle de 2012, il indiquait à Transparency-France2 qu’il était pour une limitation à deux mandats. En briguant un mandat de conseiller régional, il aura 3 mandats !

DLF ne souhaite donc pas spécialement être différent des autres partis politiques actuellement en place. Il ne souhaite pas redonner le pouvoir aux citoyens et montre simplement qu’il espère devenir calife à la place du calife…

Europe Écologie-Les Verts (EELV)

Contrairement à certaines autres régions ou aux précédentes élections départementales, les écologistes partent seuls à cette élection.

Nous retrouvons en tête de liste Emmanuelle Cosse. Vice-présidente du conseil régional en Ile-de-France, elle brigue donc un second mandat. Ce phénomène de reconduction des élus en place se répète à beaucoup de positions éligibles. D’autres candidats tels que Julien Bayou, Corinne Ruffet, Claire Monod, Jean-Marc Pasquet, Fatna Lazreg, Mounir Satouri, Jean Lafont, etc. sont concernés. Au total, sur les 34 élus EELV au conseil régional, 19 se représentent au nom d’EELV dont 13 en position éligible.

Le second problème est le cumul des mandats car de nombreux candidats en position éligible sont déjà élus tel que Frédéric Benhaim (conseiller délégué du XIIIe arrondissement de Paris), Bénédicte Monville (conseillère municipale à Melun), Rose de la Fuente (conseillère municipale à Thomery), Benoît Menez (conseiller municipal de Mitry-Mory), Franck Rolland (conseiller municipal de Villeparisis), Marie Durand-Smet (conseillère municipale du Chesnay), David Jutier (conseiller municipal de Rambouillet), Marie-Pierre Digard (conseillère municipale d’Orsay), Rodéric Aarsse (adjoint au maire de Malakoff), Samia Kasmi (conseillère municipale de Nanterre), Dominique Carré (adjoint au maire de Pierrefitte-sur-Seine), Anne-Marie Heugas (adjointe au maire de Montreuil), etc.

Au final, sur environ 40 candidats en positions éligibles, 26 candidats ont déjà un mandat d’élu à ce jour.

Comment « changer d’air » s’il n’y a pas une rotation plus importante des élus et si le parti favorise le carriérisme politique en acceptant dans la pratique, le cumul des mandats que ce soit simultané ou dans le temps ?

Les autres postes sont réservés aux professionnels de la politique (Marie Toussaint, directrice de cabinet d’Antoinette Guhl, élue de Paris ; François Damerval, ex-chef de cabinet de Corinne Lepage ; Alexis Prokopiev, conseiller du groupe parlementaire Ecologiste à l’assemblée nationale), à ceux qui n’avaient pas réussi à être réélu la fois dernière (Zine-Eddine M’jati, ex-conseiller régional de 2004 à 2010, Michel Poirier, ex-élu du canton Montreuil-Est de 2001 à 2002) et aux transfuges d’autres partis (Emmanuel Poilâne, ex-tête de liste de la région Ouest aux élections européennes pour Nouvelle Donne, démissionnaire depuis juin dernier3), etc.

Il y a toutefois de bonnes surprises comme Elise Lowy qui écrivit en 2012 une magnifique tribune sur le non-cumul des mandats4 où elle disait : « mais aussi d’instaurer une limitation stricte du cumul des mandats dans le temps.  », Marie-Odile Bertella-Geffroy (magistrate, ex-vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris concernant l’instruction des dossiers de l’amiante ou du sang contaminé) ou encore Mohamed Mechmache (fondateur d’AC le feu).

Au final, un rassemblement plus écologiste que citoyen contrairement au titre du 1er meeting5 et de belles paroles qui ne correspondent pas aux actes quand on lit par exemple la dernière tribune publiée le 5 novembre6. On peut citer un très bon constat « notre démocratie est surtout devenue prisonnière de l’ambition de carrière de ses élus et a oublié l’importance du pluralisme de la représentation dans ses assemblées pour que sa population se sente engagée dans toute sa diversité. » et de bonnes idées « Je pense qu’il est aujourd’hui temps de mettre en place une parité partis politique-société civile sur les listes électorales pour toutes les élections. » et « Cela obligerait ensuite à renouveler à chaque élection 50% des candidats puisque les élus issus de la société civile ne pourraient plus être considérés dans cette catégorie. Enfin, cela aurait pour effet de limiter les mandats électoraux dans l’espace et dans le temps pour 50% des listes de candidats ».

A moins qu’ils nous prennent pour des naïfs et penser que cette parité politique-société civile revient à ce qu’il y ait des places éligibles pour les politiques et le fond de la liste pour la société civile – ce que je ne crois pas – pourquoi ne pas avoir mis en œuvre, dès maintenant, au sein de leur propre formation politique, lors de la confection de cette liste, les idées qu’ils soutiennent ?

Front de Gauche (FdG)

Une partie des militants du Front de Gauche souhaitaient faire alliance, comme aux précédentes élections départementales avec EELV et c’est loupé. EELV, le PCF, le PG et E! N’y avait-il pas trop d’élus déjà en poste à reconduire et pas assez de place sur une seule liste pour tout le monde ?

Eric Coquerel (PG), Jean-François Pellissier (E!), Pierre Laurent (PCF) et Céline Malaise (GU) se représentent à des positions éligibles ce qui bafoue un principe qui m’est cher, le non-cumul des mandats dans le temps. En effet, je pense que l’un des premiers problèmes de notre système politique est la formation d’une élite politique et une trop faible rotation des charges.

Il y a aussi ceux qui ont déjà un mandat tel que Pierre Laurent (sénateur), Franck Sureau (conseiller municipal de Mitry-Mory), Philippe Rio (maire de Grigny), Vanessa Ghiati (conseillère municipale de Malakoff), Clémentine Autain (conseillère municipale de Sevran et ex-conseillère de Paris de 2001 à 2008), Sengul Karaca (conseillère municipale PCF de Champigny-sur-Marne), François Cocq (conseiller municipal de Champigny-sur-Marne), etc. et, à priori, ça ne suffit pas.

On retrouve également ceux qui ont perdus leur mandat (Sylvie Fuchs, maire PCF de Roissy-en-Brie de 2008 à 2014 battu par l’UMP ; Kamel Bouhaloufa, ex-conseiller municipal de Colombes ; Alima Boumediene-Thiery, ex-conseillère municipale à Argenteuil, ex-députée européenne, ex-sénatrice) ou qui n’ont pas réussi à l’obtenir (Raquel Garrido, ex-n°2 sur la liste Front de Gauche aux européennes et ex-secrétaire nationale du PG) et qui aimeraient être élus ou réélus.

Enfin, il y a les cadres du parti (Colette Gergen, membre de l’exécutif départemental du PCF78 aux luttes politiques et à la communication ; Julien Iborra, secrétaire départemental du PCF78 ; Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire départemental du PCF94 ; Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF95 etc.) qui suivent le parcours classique.

Les bonnes surprises viennent de Catherine Fayet (syndicaliste Sud Santé) et de Julie Morel (syndicaliste CGT chez Air France).

Dans cette liste, on retrouve globalement les même travers que chez EELV.

Union Populaire Républicaine (UPR)

Le parti de François Asselineau (ex-RPF, ex-UMP) fondé en 2007 a du mal à faire son trou sur l’échiquier politique, d’ailleurs, je le connais très peu. Le programme pour l’élection régionale7 est assez classique. Le volet « démocratie » est traité, comme n’importe quel parti politique, au même niveau que les autres sujets (économie, emploi, agriculture, éducation, sécurité, etc.). Il ne se distingue pas spécialement, il est d’ailleurs relégué en avant dernière position. Il ne comporte que cinq points et même si l’on peut voir une certaine bonne volonté, je ne pense pas qu’il soit légalement possible d’instaurer le RIC au niveau régional pour les sujets d’intérêts régionaux. Le retrait des drapeaux européens n’a qu’une portée symbolique. La mise en place d’une commission de contrôle est une bonne idée mais le fait qu’il s’effectue sur une liste de « volontaires » fait que cela ne marchera pas. Pour assurer une réelle diversité d’une assemblée tirée au sort, il faut que le tirage s’effectue sur les listes électorales et ce n’est qu’ensuite qu’on demande aux personnes tirées au sort si elles sont volontaires. Par ailleurs, il faudrait que ces personnes aient un réel statut et je pense que c’est uniquement à l’échelon national que ce statut peut être défini. De fait, cette idée, même si elle part d’une bonne volonté, restera à mon avis, sans suite. Enfin, les deux autres points concernent plus la presse et l’information que la démocratie. A aucun moment, les candidats de l’UPR sont réalistes, à savoir qu’ils ont toutes les chances d’être minoritaires en décembre prochain et donc que leur programme ne sera pas applicable dans son intégralité. De fait, ils auraient pu proposer sur le volet de la démocratie, que le peu d’élus UPR soient la courroie de transmission des citoyens via l’organisation d’assemblées de citoyens où les élus UPR porterait les décisions prises dans ces assemblées. Mais ce n’est pas le cas. Ils proposent aussi des règles internes drastiques contre le cumul des mandats simultanés ou dans le temps ce qui est louable. Mais là encore, ce genre de promesse est facile à faire lorsque l’on n’a pas d’élus… Enfin, le parti a l’air de mettre en avant une seule personne – François Asselineau – alors que les mouvements démocratiques ont tendance à mettre en avant les collectifs.

Liste d’union citoyenne

Je ne connais absolument pas cette liste mais le titre me plait. Elle est portée par deux entités : C’est à nous ! (l’alternative citoyenne) et Génération Avenir. Ils revendiquent une liste 100 % non-encartés et citoyens. La tête de liste est Dawari Horsfall (maire-adjoint, délégué aux sports de Massy). Il était déjà tête de liste lors de la précédente élection municipale mais n’ayant obtenu que 9,1 %, donc dans l’incapacité de se maintenir au second tour, il avait rejoint l’équipe de Vincent Delahaye (sénateur-maire de Massy, UDI) sans pour autant prendre sa carte. Il est à l’initiative des diners citoyens8. L’article du Point9 donne la parole aux principales têtes de liste départementales et ils s’avèrent qu’ils font un constat plutôt juste. Parmi elles, on retrouve Nassim Lachelache (conseiller municipal à Fontenay-sous-Bois) dont le maire est Jean-François Voguet (PCF), Hasana Sadiki (conseillère municipale d’opposition à Valenton), Lolita Diez, Magou Soukouna et Julien Nonin qui sont de parfaits inconnus, Mohamed Kamli (collectif des habitants de Trappes, ex-conseiller municipal de Trappes), Nasser Lajili (conseiller municipal à Gennevilliers), Fatou Meïte (ex-élue de Bondy, cofondatrice du mouvement #FergusonInParis et porte-parole du collectif Stop le Contrôle au Faciès) et Vincent Chenina (ex-secrétaire de la section PS de Garges-lès-Gonesse, exclu du PS pour avoir rejoint la liste Front de Gauche).

Au final, cette liste d’union citoyenne tente d’allier plusieurs mouvements aux horizons sociologiques différents, plusieurs collectifs citoyens locaux, des quartiers populaires jusque dans les quartiers plus aisés. Une belle performance que l’on peut saluer.

Les propositions de Génération Avenir10 sont par ailleurs très intéressantes. Je vais donc les suivre sur leurs pages Facebook1112, leur Twitter13 et leur site web14, ces prochaines semaines afin d’en savoir un peu plus et mûrir mon avis.

Nous citoyens (NC)

Encore un mouvement étiqueté « citoyen » et que je ne connais pas. Avec seulement 8 % de confiance dans les partis politiques chez les électeurs, on peut comprendre que l’étiquette soit à la mode et qu’elle commence à être utilisée à tort et à travers.

Comme pour la liste d’union citoyenne, vu le peu de place éligible qu’ils peuvent espérer, je ne vais m’intéresser qu’aux têtes de liste. A Paris, c’est Valérie Sachs et l’on peut dire que ce n’est pas une « citoyenne » ordinaire : porte-parole NC Paris, ex-conseillère UDI à Paris de 2008 à 2014, candidate UDF à l’élection législative de Paris XIVe de 2012 (1,37 %) et candidate tête de liste NC à l’élection municipale de Paris XVIe de 2014 (5,30 %), elle a déjà un beau parcours politique. En Seine-et-Marne, c’est François Clastres (10 ans de militantisme chez les jeunes de l’UMP, délégué NC du département, DRH dans la construction), Emmanuel Loevenbruck (conseiller municipal divers droite à Chatou et entrepreneur dans le coaching), Delfina De Matos (candidate divers gauche à Châtenay-Malabry et présidente de l’agence européenne du savoir-faire, consultante en organisation et en finance), Jérôme Dutel (auteur de 35 heures 35 erreurs et directeur Grands Comptes à Verifone), Fabrice Scagni (ex-membre de l’UDI, candidat de droite et du centre aux élections départementale de 2015, entrepreneur dans l’immobilier), etc.

Dans Le Parisien15, Eric Delannoy présente son mouvement : « Au départ, c’est vrai, notre projet était uniquement centré sur le développement économique. D’ailleurs, un sondage indique que 65 % des français feraient confiance à des patrons pour réformer la France. Mais depuis nous proposons aussi un volet social et solidaire ». Un mouvement citoyen constitué principalement de patrons ?

Peuvent-ils être représentatifs sachant que 93 % des actifs sont des salariés ?

Fédération Libertaire Unitaire Ouverte (F.L.U.O.)

Cette liste est conduite par Sylvain de Smet (président de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise, conseiller régional d’Ile-de-France et conseiller municipal de Mériel) qui avait été élu à l’époque sur la liste de M. Jean-Paul Huchon (PS) et qui appartient au groupe EELV. Pourquoi n’est-il pas sur la liste EELV ? Dans un article de la Gazette Valdoise16, on apprend qu’il a été écarté par EELV des positions éligibles et qu’il pense déjà à 2017. Il évoque la démocratie participative17 mais malheureusement, il préfère l’utiliser via un sondage (sic !) pour définir le nom de sa liste (ce qui n’a que peu d’intérêt) plutôt que pour définir la tête de liste (par exemple)… Le pire étant que le résultat du sondage n’est qu’à moitié respecté18. Si Sylvain De Smet n’est pas réélu au Conseil Régional, il y a de grande chance qu’il soit écarté de la présidence de l’Ile-de-France.

Cette liste sent finalement la revanche plutôt que l’alternative car si Sylvain De Smet avait été en position éligible au sein de la liste EELV, cette liste n’existerait certainement pas…

Aux urnes citoyens

Cette liste est conduite par Aurélien Veron, encore un inconnu. Lorsque j’essaye de me connecter à son site web19, Google m’informe que « l’accès à ce site risque d’endommager votre ordinateur ». C’est le fondateur du Parti Libéral Démocrate (PLD)20 créé en 2008. Il en est le président depuis sa création, à croire que la rotation des charges n’est pas un principe connu dans ce parti « démocrate ». Aux municipales de 2014, Aurélien Véron était le numéro 2 sur la liste d’Hélène Delsol dans le 2e arrondissement de Paris qui a maintenu une liste suite à sa désinvestiture de la part de l’UMP-UDI.

En 2013, ils ont rejoint l’UDI puis l’ont quitté en 2014. Les principales campagnes de ce parti se focalisent sur le transfert des services publics vers le privé (via la baisse des dépenses publiques), la capitalisation du régime de retraites, la privatisation de l’éducation nationale et la mise en concurrence des établissements (via le chèque éduction), la baisse des protections des salariés (via une « simplification » du Code du travail), la professionnalisation des prud’hommes, etc. Sur le site du PLD21, on peut lire un constat juste « Les Français se sentent de moins en moins représentés dans notre démocratie malade. » et la première réponse qu’il apporte à ce constat est une baisse des impôts et une suppression de postes de fonctionnaires. Quel rapport ? Bien sûr, ils évoquent le référendum et la mise en place du non-cumul des mandats ce qui est le minimum pour un parti qui se dit « démocrate ». Mais ils embrayent rapidement vers la réduction des parlementaires, la confiance envers les entrepreneurs, l’écrasement des entrepreneurs par l’Etat, etc. On dirait un tract du MEDEF…

La tête de liste en Seine-et-Marne est Stéphanie Awad (conseillère municipale de Rosny-sous-Bois, président délégué des Jeunes Centristes, membre du Bureau National de l’UDI Jeunes), celle des Yvelines est Erwan Le Gall (adjoint au maire de Maurepas), Laetitia Brossard pour l’Essonne, Anne Bourdu (vice-présidente du PLD, démissionnaire du poste d’adjointe au maire Nicole Gouéta, UMP, à Colombes), Pierre Tavares pour la Seine-Saint-Denis, Karine Madar (ex-candidate pour Nous Citoyens à Saint-Maur-des-Fossés) et Fernande Semedo.

La démocratie a l’air d’être aussi présente dans leur parti et dans leurs pratiques qu’au MoDem ou à l’UDI. Finalement, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas construit une liste avec Nous Citoyens car leurs lignes sont assez proches.

En conclusion

Bien que je sache à qui je ne vais pas donner mon vote, je suis encore incertain sur mon vote final même si après cette analyse, il se précise. J’espère que ces informations vous aiderons aussi à vous faire votre propre idée.

Pi Wu, démocrate et militant associatif

Post-scriptum : S’il y a des erreurs ou des imprécisions, n’hésitez pas à me le signaler afin que je les corrige.

1 Élection régionale de 2015 en Île-de-France, Ministère de l’Intérieur, jeudi 12 novembre 2015
2 Les réponses de Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la République, Transparency France, 2012
3 Pourquoi nous quittons Nouvelle Donne, Les invités de Médiapart, 21 juin 2015
4 En finir vraiment avec le cumul des mandats !, Libération, 28 mai 2012
5 1er meeting du rassemblement écologiste et citoyen, Changeons d’air, 24 septembre 2015
6 Une société civile engagée en politique, Alice Barbe, Emmanuel Poilâne, Claude Boulanger et Marie-Odile Bertella Geffroy, Huffington Post, 5 novembre 2015
7 Le programme des régionales 2015, upr.fr
8 Dix initiatives pour pacifier les banlieues, La Croix, 22 octobre 2006
9 « C’est à nous », des citoyens aux régionales, Le Point, 28 août 2015
10 Propositions pour la Région Ile-de-France, Génération Avenir, 2015
11 Liste d’union citoyenne – Régionales, communauté Facebook, 2015
12 C’est à nous, communauté Facebook, 2015
13 Génération Avenir, Twitter
14 Génération Avenir Ile-de-France
15 François Clastres (Nous Citoyens) veut faire de la politique autrement, Le Parisien, 1 novembre 2015
16 Régionales : évincé, Sylvain De Smet contre-attaque, La Gazette Valdoise, 23 juillet 2015
17 Mériel : Sylvain De Smet part sans EELV aux élections régionales, Le Parisien, 7 septembre 2015
18 Choisissons le nom de la liste pour les élections régionales de décembre 2015 en Ile de France, Blog de Sylvain de Smet, 7 septembre 2015
19 Site web d’Aurélien Veron
20 Parti Libéral Démocrate, wikibéral
21 Notre vision, Site du Parti Libéral Démocrate

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Comment Mathieu Dejean montre ses préjugés face à un mouvement citoyen et apartisan ?

Mathieu Dejean est journaliste aux Inrocks1 et ex-stagiaire à Slate2, a fait deux articles pour Témoignage Chrétien3 et écrit pour Regards4. Il est aussi ami sur Facebook avec Clément Sénéchal et Stéphanie Roza5 (dont j’ai décortiqué la tribune à charge contre le tirage au sort parue dans Libé la semaine dernière)6. En lisant son compte Tweeter7, on remarque entre autres qu’en avril dernier lors des élections européennes, il faisait suivre le tweet de Clément Sénéchal où Raquel Garrido et Jean-Luc Mélenchon « exhortaient les gens à reprendre le pouvoir et fonder une 6ème République »8. On peut donc le qualifier sans prendre trop de risques de sympathisant du Front de Gauche.

Dimanche 23 novembre 2014, ce journaliste a écrit un article rempli de préjugés sur le mouvement citoyen et apartisan des Gentils Virus9 et a provoqué la colère, l’incompréhension et la déception de ces derniers10. Cela se conçoit aisément quand on connait la réactivité impressionnante qu’ils ont eu pour répondre à ses questions (24 heures11) alors que les principes démocratiques qu’ils s’imposent nécessitent le débat, le travail collectif et la délibération : le « temps long » en somme. En effet, on peut retrouver le résultat de ce processus (propositions, débats et votes) sur leur wiki12 et Mathieu Dejean a été mis au courant de cette méthode de travail vu qu’il le dit dès le début de son article. Pourtant, il n’hésitera pas à donner la parole à Pierre Crétois (autre auteur de la tribune de Libé et farouche opposant au tirage au sort) pour affirmer qu’ils sont « les derniers des démocrates dans leurs méthodes ». Il y a ici une contradiction. On peut donc raisonnablement se poser des questions sur le travail journalistique effectué. Mathieu Dejean a-t-il recoupé ses sources ? De quelle réunion parle Pierre Crétois ? Est-ce qu’une personne s’est réellement imposée pendant un temps aussi long (15 minutes) sans que personne n’intervienne ? Cette personne se revendiquait-elle être des Gentils Virus ? Dans tous les cas, nous ne pouvons que nous étonner de la différence de méthode existant entre le processus démocratique utilisé pour répondre à ce journaliste et le récit de Pierre Crétois.

Mise à jour du 1er décembre 2014 : Suite à quelques recherches, la réunion dont parle Pierre Crétois s’est déroulée dans le cadre du troisième volet des Ateliers Généraux le 27 octobre dernier à Paris III. La personne qu’il qualifie de Gentil Virus s’est en réalité présentée comme membre de l’association Les Citoyens Constituants13. Le texte préparé qui a été lu est l’appel de l’association à signer pour la 6ème République14 qui a récemment été déposé sur le site du m6r. Ce militant associatif ne s’est pas imposé mais a demandé la parole comme tout participant. Ce texte n’a pas été lu durant la conférence mais lors des débats qui l’ont suivi contrairement à ce qu’affirme le philosophe dans l’article des Inrocks15. Lorsque l’on lit le compte-rendu, on peut lire qu’à ce moment de la réunion, le débat portait sur la 6ème République, la lecture de l’appel n’était donc pas incongrue. Ayant récupéré l’enregistrement de cette réunion, le temps de lecture de cet appel était de 5 minutes et 12 secondes et non de 15 minutes comme l’indique Pierre Crétois. Il est regrettable que le journaliste n’ait pas fait un réel travail d’investigation pour vérifier les propos de Pierre.

« Ils se confondent de l’extérieur avec ses relais d’extrême[-]droite »

Cette phrase est très ambigüe car elle ne dit pas que les Gentils Virus sont un mouvement d’extrême-droite mais que ses relais peuvent l’être. L’auteur n’a certainement pas tort, il doit bien y avoir des organisations d’extrême-droite qui relaient les vidéos que peuvent faire les Gentils Virus vu qu’ils sont libres de relayer ce qu’ils veulent. Récemment, le site d’extrême-droite Égalité et Réconciliation relayait une partie du discours de Jean-Luc Mélenchon donnée lors du « remue-méninges » en août 201416. En appliquant la même logique, l’auteur va-t-il écrire un papier pour nous alerter que les membres du Parti de Gauche « se confondent de l’extérieur avec ses relais d’extrême droite » ? C’est bien entendu absurde. Plutôt que d’analyser le mouvement démocrate des Gentils Virus par une partie de ses « relais », l’auteur n’aurait-il pas dû se baser sur les textes disponibles sur leurs différents sites ? Jusqu’à présent, je n’ai pas lu de texte soutenant les valeurs de l’extrême-droite sur le site des Gentils Virus.

« Il n’est pas étranger à l’activisme de sa communauté de fans »

Le terme « fan » est généralement employé de manière péjorative pour désigner une personne admirative délaissant son sens critique de côté. Pourtant, dans la réponse apportée au journaliste, les Gentils Virus n’exprimaient pas un fanatisme pour Étienne Chouard en le plaçant au même niveau que d’autres intellectuels en insistant sur le fait qu’il n’a pas un rôle prédominant : « Plusieurs auteurs traitant de la démocratie accompagnent les réflexions des Gentils Virus : Étienne Chouard bien sûr, mais aussi Francis Dupuis-Déri, Yves Sintomer, David Van Reybrouck, etc. Concernant Étienne, il intervient peu dans les groupes des GV et n’a pas un rôle prédominant. Il reste une référence mais notre réflexion va au-delà de la conviction d’une seule personne. Comme n’importe qui d’autre, ses prises de position peuvent être débattues. ». Ce terme n’aurait-il pas été volontairement mal choisi ?

« Ils disséminent en effet tous azimuts les thèses de leur inspirateur »

Mathieu Dejean n’a-t-il pas remarqué que les Gentils Virus avaient cité plusieurs « inspirateurs » accompagnant leurs réflexions ? On peut souligner que ses questions se focalisaient sur Étienne Chouard et que, malgré les réponses apportées par les Gentils Virus, l’article se concentre dessus en utilisant le singulier. A quoi cela sert d’interviewer les Gentils Virus si l’auteur ne tient pas compte des réponses apportées ?

« Infiltration du M6R »

Comment peut-on infiltrer un mouvement qui se veut populaire et ouvert à tous ceux qui veulent un changement de constitution ?

« Clément Sénéchal, qui anime la Commission VIe République du Parti de gauche »

Clément Sénéchal est co-responsable de la commission interne 6ème République au Parti de Gauche suite à sa nomination par la secrétaire nationale Raquel Garrido en 2013. Il n’a pas de mandat de porte-parole, il n’est pas élu et ne représente donc personne. Clément étant très attaché au système représentatif, ce n’est pas lui qui dira le contraire. Suite à cette petite précision, on peut s’interroger sur la pertinence d’indiquer sa fonction au Parti de Gauche. Il note que certains Gentils Virus utilisent des surnoms. Pourtant, même au Parti de Gauche, nous avons « une minorité agissante de gens dissimulés sous pseudo » qui écrivent des livres aux éditions Bruno Leprince, rédigent des communiqués de presse sur le site du PG, organisent des conférences, etc. Où est le problème ?

Commentaire de Clément Sénéchal

Commentaire de Clément Sénéchal suite à la parution de l’article

Quand à la fin de l’article au sujet de son appartenant à un groupe Facebook, Etienne Chouard a donné sa réaction sur son propre mur Facebook17 :

Là, ce sont les Inrocks qui viennent de m’accuser — mais c’est une calomnie — d’avoir liké un groupe d’affreux… Je n’ai rien liké du tout, on m’a inscrit à ce truc sans me le demander, comme ça m’arrive tout le temps. Il faut savoir que je suis, depuis des années, inscrit d’office (sans l’avoir demandé) à des tas de groupes Facebook (des dizaines et des dizaines)… J’ai renoncé à me désinscrire de tous car c’est littéralement sans arrêt, et puis il y a des militants que j’aime bien qui trouvent des forces à me voir affiché avec eux, alors bon, je ne m’occupe plus trop de ces « groupes » qui n’en sont pas vraiment puisqu’on ne peut pas empêcher l’inscription d’autorité.

Alors là, j’ai découvert que j’appartenais à ce groupe craignos en lisant l’article des Inrocks => je suis donc allé voir « mes groupes » : je suis encore dans 89 groupes (!) (pourtant, j’ai fui des dizaines et des dizaines de fois depuis mon inscription sur FB) et effectivement je suis dans ce groupe (très laid, et avec qui, évidemment, je n’ai rien de commun)… Alors je me suis désinscrit aussitôt, évidemment, une fois de plus. Mais tirer de ces inscriptions arbitraires (sans mon accord et fréquentes comme du spam) la marque — voire la preuve (!) — d’une dérive idéologique malsaine (…), c’est soit débile, soit malveillant.

En conclusion, je regrette que cet article n’aborde pas les thèmes tels que le processus constituant populaire, l’assemblée constituante ou encore le suffrage par le sort en s’attachant plus à la forme qu’au fond.

Pi Wu

 

1 Articles écrits par Mathieu Dejean pour « Les Inrocks »
2 Articles écrits par Mathieu Dejean pour « Slate »
3 Articles écrits par Mathieu Dejean pour « Témoignage Chrétien »
4 Articles écrits par Mathieu Dejean pour « Regards »
5 Page Facebook de Mathieu Dejean
6 « Les premières attaques viennent de notre propre camp », Blog 6ème République, Pi Wu, 15 novembre 2014
7 Compte Tweeter de Mathieu Dejean
8 #12avril : @JLMelenchon & @RaquelGarridoPG exhortent les gens à  » reprendre le pouvoir et fonder une 6eme République », Tweeter, Clément Sénéchal, 12 avril 2014
9 Les Gentils Virus pour la Démocratie
10 Interview par un journaliste des Inrockuptibles (novembre 2014), Wiki des Gentils Virus, 2014
11 « Interview par un journaliste des Inrockuptibles », Wiki des Gentils Virus (Mail), 23 novembre 2014
12 « Interview par un journaliste des Inrockuptibles », Wiki des Gentils Virus, 23 novembre 2014
13 Association Les Citoyens Constituants
14 « Une constituante citoyenne démocratique donc tirée au sort », m6r, novembre 2014

15 « Comment les “Gentils virus” d’Etienne Chouard contaminent le web », Mathieu Dejean, 23 novembre 2014
16 « Jean-Luc Mélenchon s’en prend au communautarisme juif », Egalité et Réconciliation, 25 août 2014
17 « Encore une calomnie dans un grand journal », Facebook, Etienne Chouard, 23 novembre 2014

Les premières attaques viennent de notre propre camp !

Jeudi 13 novembre 2014, un petit collectif de philosophes, d’historiens et de sociologue a publié une tribune à charge contre le suffrage par le sort. Tout comme les réalisateurs du film « Les nouveaux chiens de garde »1 révélaient les autres titres des élites économiques, nous pouvons faire le même exercice pour ces élites intellectuelles. Ces cinq personnes sont toutes membres du comité d’initiative du Mouvement pour la 6ème République (m6r)2, Pierre Crétois a appelé à voter Front de Gauche lors de l’élection présidentielle de 20123, Jean-Numa Ducange a initié l’appel pour un nouveau départ du Front de Gauche cette année4, Mathilde Larrère et Clément Sénéchal sont co-responsables de la commission 6ème République du Parti de Gauche et Stéphanie Roza est proche du Front de Gauche. Ce texte n’est pas isolé, il y en a un par mois qui sort depuis le lancement du m6r56. Les premières attaques viennent donc de notre propre camp : La « gauche progressiste », ceux qui scandaient, en 2012, « l’humain d’abord ».

En qualifiant les interventions des citoyens qui prônent une assemblée constituante tirée au sort « d’intempestives », les auteurs adoptent un discours méprisant envers ceux qui pensent différemment d’eux. L’expression de ces simples citoyens ne peut pas être perçue comme constructive, elle est forcément mal à propos. Le ton est donné dès l’introduction !

Ils mélangent la revendication des associations et collectifs citoyens souhaitant une assemblée constituante tirée au sort (afin que les hommes de pouvoir n’écrivent pas les règles du pouvoir) avec la possibilité d’avoir dans notre futur système politique des organes législatifs qui seraient tirés au sort. Les auteurs apportent volontairement de la confusion dans le débat public. Pourquoi volontairement ? Car cela a été maintes et maintes fois expliqué à Clément Sénéchal que le débat ne portait pas sur les futurs organes législatifs mais sur l’assemblée constituante. Pourtant, il perpétue cette confusion.

Les rédacteurs admettent que les professionnels de la politique, élus par le choix, sont « trop souvent méprisants envers leurs électeurs et serviles envers les grands de ce monde »7 et que seuls les personnes « munie d’un solide antidote théorique » pourraient faire face à la classe dominante, à l’influence des médias, à la pression des lobbys financiers et industriels, à savoir les militants engagés dans un parti politique. Si l’on observe les décisions prises par les parlementaires français (tous issus de partis politiques), on remarque, la plupart du temps, qu’il n’y a qu’une petite fraction des élus qui s’opposent aux intérêts des riches et des puissants. Le poids de ces militants politiques, formés, endurcis, résistants, au sein du corps électoral français (44 millions d’électeurs) est inférieur à 1% (440 000 militants). 99% des citoyens n’auraient pas ce « solide antidote théorique » et ne seraient donc pas apte à siéger au sein de l’assemblée constituante ? N’est-ce pas un sophisme que de lier les capacités de résistance au fait d’être encarté ? N’est-ce pas mépriser le peuple que de le considérer inapte ?

Admettons que les volontés de ce collectif d’intellectuels aboutissent. Si nous choisissons d’élire par le choix les citoyens siégeant au sein de l’assemblée constituante, il y aura une campagne suivie d’une élection nationale. Ce type de scénario sera assez similaire à une élection législative en somme. Or, combien d’élus issus d’associations (et non de partis politiques) siègent à l’assemblée nationale actuellement ? Aucun. Il y a donc fort à parier que seuls des militants issus des partis politiques se trouveront au sein de l’assemblée et que le texte constituant soit négocié entre les états-majors des partis politiques dominants et rédigé par leur porte-stylos. Les auteurs estiment que les partisans du suffrage par le sort ont une « vision naïve » mais n’est-ce pas naïf que de penser qu’une assemblée constituante élue par le choix à la proportionnelle pourrait être constituée à plus de 50% avec des élus des partis progressistes ? Au vu des précédentes élections, il y a fort à parier que le FN, l’UMP, le MoDem et le PS auraient plus de 70% des sièges. Doit-on donner la possibilité d’écrire ce texte qui encadrera les futurs hommes et femmes de pouvoir à ceux qui ont déjà le pouvoir, à savoir les partis politiques ? Pouvons-nous compter sur eux plutôt que sur le peuple pour qu’ils adoptent des outils et méthodes démocratiques visant à éviter les dérives actuelles ?

Ce texte se termine en méprisant à nouveau les partisans d’une assemblée constituante tirée au sort car il affirme qu’il n’y aurait pas de contre-pouvoir adossé à cette assemblée, qu’il n’y aurait pas de contrôle des citoyens constituants. Comme le dit le proverbe « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Les intellectuels cités en début d’article (Yves Sintomer et Loïc Blondiaux), les associations et collectifs prônant une assemblée constituante tirée au sort ont toujours dit qu’elle ne se suffirait pas à elle-même et que des contre-pouvoirs devraient être mis en place. Clément Sénéchal le sait bien, cela lui a souvent été répété. Le clou final est certainement cette confusion que font les auteurs entre les termes « élire » et « voter ». Les partisans du tirage au sort sont généralement pour qu’il y ait plus de votes des citoyens et moins d’abandon du pouvoir politique à des représentants (élection). Donc évoquer une « remise en cause insidieuse du droit de vote » est tout simplement insultant.

Nous devons faire directement confiance au peuple (comme peut le faire la Fondation Sciences Citoyennes89) et pas uniquement à ses représentants. Il faut se demander comment les abstentionnistes, de plus en plus nombreux, peuvent revenir à la participation politique. Si nous souhaitons changer de constitution afin d’instaurer la démocratie en France, il faut sortir des schémas de pensée traditionnels et ne pas évacuer certains outils démocratiques tel que le suffrage par le sort.

En conclusion, j’ajouterai ces deux citations issues de nos propres rangs :

« La 6ème République ne peut pas être la chose des partis et elle ne peut pas être la chose d’un seul parti [..] C’est quand même beaucoup plus facile d’enthousiasmer la grande masse des gens si ce ne sont pas des politiques qui sont devant », Raquel Garrido, La Radio de Gauche, 21 octobre 2014

« En raison de la personnalisation du pouvoir et de cette pression de la compétition pour les postes est un système à faire fuir de la politique les gens qui font ça au nom du bien commun, de l’intérêt commun, à attirer ceux qui font ça soit pour s’en foutre pleins les poches, soit pour avoir des postes et du pouvoir et dans tous cela à trier pour savoir lesquels sont les plus doués ou pas ceux qui sont le plus capable de gagner la compétition politique. Mais cela ne demande pas exactement les mêmes talents que ceux qui sont nécessaire pour sélectionner les plus doués pour l’intérêt général, qui sont les plus doués pour imaginer et mettre en œuvre des solutions politiques efficaces pour résoudre nos problèmes. Donc ce système politique est non-démocratique, il est totalement inefficace, il faut effectivement en changer. Et qui peut en changer ? [..] C’est à la communauté des citoyens, donc à des assemblées, probablement tirés au sort et bien de mener ce débat pour définir de nouvelles règles du jeu politique », Jacques Généreux, Le cercle des volontaires, 15 octobre 2014

Pi Wu

1 « Les nouveaux chiens de garde », Gilles Balbastre, Jem Productions, 2011
2 « Déclaration pour la 6ème République », Collectif, Septembre 2014
3 « Appel de plus de cent philosophes à voter Front de Gauche », L’Humanité, 10 avril 2012
4 « Appel pour un nouveau départ du Front de Gauche », juin 2014
5 « Une VIe République sociale, écologique et démocratique », Regards, Laura Raim, 12 septembre 2014
6 « Réaffirmer le politique : pour une Constituante élue », Blog, Clément Sénéchal, 7 octobre 2014
7 « Une assemblée tirée au sort ? », Libération, Collectif, 13 novembre 2014
8 « Démocratiser le nucléaire… par tirage au sort », Libération, Jacques Testart, 31 mars 2011
9 « Comment les citoyens peuvent s’emparer des choix de société ? », La Vie, 7 juillet 2014